"Il faut changer ce système productiviste et consumériste qu’est le capitalisme. Il faut changer le centre de gravité de l’activité économique vers le soin à apporter aux personnes et aux écosystèmes." Daniel Tanuro
PATRIMOINE BÂTI
Les massifs provençaux sont très nombreux à garder les traces des cultures passées au travers des restes des différents ouvrages en pierres sèches.
La plupart des massifs provençaux ont, à une époque ou une autre, été faconnés en terrasses - les restanques - pour leur mise en culture. Chaque mur supporte ainsi la terrasse de culture
Elles servaient la plupart du temps à ranger des outils ou se reposer au frais durant l'été. Dans cette partie de la Provence, leur toit était construit avec une voute dite en encorbellement.
S'il en reste plusieurs aux Coteaux d'Eos, aucune malheureusement n'a conservé son toit.
Le site dispose de plusieurs puits (tous comblés de pierres à ce jour) et d'une belle citerne qui servait à récupérer les eaux de ruissellement provenant des drains des murs de restanques au dessus.
La plupart des familles de paysans avaient des ruches pour récolter le miel, et dans les paysages en restanques, ces ruches (en osier ou en liège) étaient disposées dans des niches construites dans les murs de restanques pour bénéficier de la qualité de conservation de la chaleur de la pierre. On peut encore trouver sur le site 5 de ces apiès.
Ces fours permettaient de récupérer l'huile de cade (du genévrier oxycèdre) ou la poix (du pin d'Alep). La combustion se déroule à l'etouffée dans une jarre enterrée sous terre et construite en pierre recouverte d'argile.
L'huile de cade servait à soigner les sabots des brebis ou protéger les cultures et semences des rongeurs (comme répulsif) et la poix à rendre étanche la coque des bâteaux, s'éclairer ou poisser des cordages.
La lèque, comme la garenne sont 2 pièges à lapins. Le 1er est construit dans le mur de restanque avec une cavité en bout de galerie, le 2e est un ouvrage circulaire fermé autour d'un puit.
On appelle clapiers les entassement de pierres lors de l'épierrement d'une parcelle de terrain pour la rendre cultivable.
PATRIMOINE VÉGÉTAL
Au coeur de la forêt et de la guarrigue, l'oliveraie est également le terroir de la figue blanche de Salernes et d'autre fruits de la région méditerranéenne aujourd'hui tombés en désuétude ou très peu connus.
La forêt qui à repoussé après l'abandon du site est principalement composée de pins d'Alep, genévriers oxycèdres, chênes verts, chênes blancs...
L'objectif est bien-sûr d'entretenir cette forêt, contre les risques d'incendies et pour sa bonne santé, mais également de privilégier une reforestation originelle de chênes plutôt que de résineux. Ces derniers ayant massivement étét plantés au XVIIe s. pour remplacer les chênes abattus et produire plus rapidement le bois de charpente nécessaire pour les navires de guerre du roi.
La végétation moyenne et basse qui a repoussé au rémbrousaillement, après l'abandon des cultures, est celle de la guarrigue (adaptée à la sécheresse et à un sol calcaire) : Laurier tin, pistachiers lentisque et térébinthe, bruyère, cistes cotoneux et à feuille de sauge, romarin, thym, hélichryse, lavande aspic, badasse, calament, aphyllantes de Montpellier...
Voué à la culture des oliviers depuis des temps immémoriaux, le site à été abandonné suite au grand gel de 1956 qui a anéanti plus de 90% du parc oléicol provençal à cette époque.
Après 60 ans d'abandon, la forêt avait entièrement repris le dessus sur ces terres autrefois cultivées lorsque j'ai entamé il y a quelques années un travail de restauration de l'oliveraie. Beaucoup reste encore à faire pour redonner aux oliviers les conditions qui leur permettront de s'épanouir à nouveau.
Le site offre la chance d'être au coeur du "triangle d'or" (Cotignac - Salernes - Entrecasteaux) qui définit le très petit terroir où l'on peut trouver la figue blanche de Salernes.
- Naturellement très sucrée, la figue blanche a une peau fine et ferme, se tenant particulièrement bien à la cuisson. Elle se déguste ainsi essentiellement confite, ou en pâte de fruits, en confiture, ou semi-confite dans son jus pour ensuite être cuisinée.
- Cette variété de figue qui a grandement particié à la renomée de Salernes pendant de nombreux siècles a aujourd'hui quasiment disparu. Il est donc d'autant plus important de participer à la relance de cette production
On trouve également sur le site d'autres fruitiers, ou anciens comme le cormier ou l'arbousier, ou simplement "communs" sous ce climat comme le bibacier (néflier du japon)
- La corme (fruit du cormier) se mange blette et est principalement utilisée pour la confection de confiture ou d'alcool.
- L'arbouse, fruit de l'arbousier (également appelé arbre à fraises), n'est pas un fruit très goûteux mais peut être pressée pour en extraire le jus et les feuilles peuvent être utilisées en infusion pour leur bienfait diurétique.
- La bibace (ou nèfle du japon), fruit du bibacier, allie le sucrée à l'acidulé avec une saveur rappelant la pêche, le citron et la mangue.
J'ai vraiment à coeur de donner un nouvel élan àces variétés anciennes ou peu connues, mais aussi de tenter l'expérience de certains agrumes et fruits rouges sur une partie "appropriée" du terrain.
AGROÉCOLOGIE
Qui respectent la biodiversité et les écosystèmes naturels
S'il a été nécessaire dans un premier temps de "tout couper" pour ne serait-ce que retrouver les traces enfouies de fruitiers totatelement enfouis sous une myriade de ronces, il est maintenant important de permettre aux nombreuses variétés arbustives locales de repousser et s'épanouir. Certaines par exemple sont importantes notament pour accueillir les prédateurs de la mouche de l'olive (principal prédateur de l'olivier).
D'autre part, 2 mares, qui sont de véritables concentrés de biodiversité, sont en projet sur le site, une dans le potager, et une vers le futur espace réservé à la basse-cour.
L'ensemble du site n'a jamais été cultivé durant les 70 derières années, on peut donc considérer sans l'ombre d'un doute que les bases d'une culture en bio sont évidentes.
Depuis que j'ai entamé cette reprise de l'exploitaion des fruitiers, aucun produits n'a jamais été utilisé et ne le sera jamais, même bio.
Pour amender le sol, qui a été longtemps appauvri par les aiguilles de la multitude de résineux qui y a poussé, je commence à me servir du compost réalisé depuis 3 ans.
J'aimerai également à l'avenir, pouvoir compter sur les déjections de petit bétail (cochons Kune-Kune) pour aérer, amender et entretenir le sol sous les fruitiers. C'est le mode de culture qui était en place avant l'ère industrielle et qui parait le plus évident dans une logique agro-écologique (ou permaculturelle).
Concernant le potager, le paillage permet de réduire les arrosages en maintenant un sol humide grâce à une évaporation moins rapide de protéger du froid si nécessaire, de fournir de meilleures conditions de croissance aux plantes et d'éviter le développement de certaines herbes non désirées.
Le paillage utilisé est évidemment naturel et issu en grande partie de la coupe de végétaux, récupération de feuilles mortes ou de broyat.
AUTOSUFFISANCE
Qui libère autant que possible de la dépendance à un système productiviste et consumériste
Concernant l'électricité, le site est déjà pourvu de 6 panneaux (1,5Kw) qui permettent un mode de vie tout en sobriété (pas d'usage d'ustensiles à résistance) - mais parfaitement confortable - en accord avec des principes de limitation de notre impact environnemental.
Pour ce qui est de l'eau, l'installation n'est pas encore achevée mais devrait permettre à terme d'avoir toute l'eau nécessaire, y compris pour la consommation avec un système de potabilisation adapté. Pour l'instant, elle permet d'avoir l'eau nécessaire à la toilette, au nettoyage, ménage, et de l'eau des fontaines du village est ramenée dans des jerricans pour la consommation.
Le choix est fait, quoi qu'il en soit, de ne pas faire de forage en puisant dans les ressources souterraines, mais d'optimiser la récupération des eaux pluviales. De même les toilettes sont sèches pour ne pas gaspiller l'eau mais au contraire venir enrichir le sol une fois les déchets compostés.
Le verger en cours de restauration et celui en projet d'élaboration devrait permettre toujours plus d'autonomie pour les besoins en fruits au cours des années à venir.
De même, le potager devrait, petit à petit, avec un sol toujours mieux amendé et riche, permettre de produire toujours plus et en toute saison (projet de construction de serre).
Enfin, le parc poulailler (pour avoir de bons oeufs) est en cours de construction et devrait être fini au printemps 2025.
BIEN-ÊTRE "PLEINE NATURE"
Le verger comme la forêt sont des lieux de pratique idylliques des activités de bien-être
Le 1er et le plus simple moyen de profiter des bienfaits de la nature est tout simplement de s'y promener et s'y ressourcer. Le Shinrin-yoku ou "sylvothérapie" ou "bain de forêt". Venue du Japon, cette pratique ne s'adresse pas uniquement aux personnes en convalescence, touchées par la dépression, l'hypaeractivité ou le burn-out, mais plus largement à toutes personnes cherchant à retrouver un peu de sérénité.
Cette pratique à désormais largement donné des preuves de son efficacité et elle est désormais véritablement prescrite par des médecins de nombreux pays. Baisse de la tension artérielle, stimulation de la fonction immunitaire, restauration cognitive, amélioration de l’humeur… « La liste des vertus est vraiment longue. Et le plus fascinant, c’est qu’on ne rapporte aucun effet négatif au fait de s’exposer à la nature, ce qui est très rare dans un traitement. Sans compter qu’on connaît peu de médicaments qui touchent à la fois la santé physique et psychologique », observe la Dre Claudel Pétrin-Desrosiers.
Les autre activités de bien-être peuvent bien evidemment tout autant bénéficier des bienfaits d'une pratique à l'extérieur, au milieu de la nature. Et si elles peuvent nécessiter un aménagement, ce dernier sera très basique, sans fioritures et fait de matières naturelles, comme le petit espace "massage" déjà érigé sous les chênes verts. L'important est de pouvoir pratiquer au coeur de la nature sans nuisance sonores, avec les seuls bruits de la faune et de la flore.